Je trouvais que j’avais passé trop de temps à parler des sujets sociétaux alors je vous propose aujourd’hui un petit truc en économie ! On va parler de la notion de dette publique, de déficit, de fiscalité et de dépenses publiques. Cet article s’adresse particulièrement à ceux n’ayant jamais fait d’économie. L’idée est de vulgariser et de rendre accessible en quelques tweets une notion d’économie intéressante et importante dans le débat public.

L’actualité récente nous a mis en pleine poire les échecs cuisants de ce qui avait est régulièrement mis en place pour soi-disant « libérer les entreprises », alléger les lourdeurs économiques », « dynamiser l’emploi » et autre concepts creux markettés et martelés comme des vérités à savoir… m’allègement de la fiscalité des entreprises.

Pour comprendre cette idée et en quoi elle est parfaitement farfelue il faut revenir à quelques notions. Les fameux plans de relance par l’offre, j’y reviens après. Pour peu que vous ayez eu accès aux informations ces 10 dernières années, on vous a probablement alerté un certain nombre de fois sur les dangers de la dette publique, sur notre état qui serait un dépensier sans nom, sur cet argent qu’on jette par les fenêtres etc… Tous les ans on nous montre le poids de la dette, qui serait infâme, immense, un fardeau pour nos enfants, un boulet au pied etc… Mais vous croyez vraiment que ce type de plan de relance ? En baissant la fiscalité va nous aider ? Mais d’abord c’est quoi la dette ?

La dette publique est la somme des déficits annuels passés. Ni plus, ni moins. Or un déficit public n’est rien d’autre que l’écart entre les entrées fiscales et la dépense publique sur une année. Maintenant je vais tenter de vous expliquer une notion visant à montrer que sacrifier une entrée fiscale ne vaut pas la même chose qu’augmenter la dépense du public avec une notion : le multiplicateur Keynésien ! Ça fait peur comme ça, mais c’est assez simple.

Il existe deux types de plan de relance. D’abord, ceux dit par l’offre : qui visent à appliquer une fiscalité allégée pour les entreprises soi-disant dans le but de les inciter à investir et recruter. Sur la base de la confiance Ensuite il y a les plans de relance par la demande : c’est-à-dire que l’État se charge d’adresser des commandes directement aux entreprises en fonction du plan de relance qu’elle s’est fixée. Nouvelles infrastructures, création de nouveaux services, nouveau matériel pour la fonction publique, etc…

On nous renvoie régulièrement au fait que baisser un impôt ou augmenter une dépense serait exactement la même chose. Je vais tenter de vous montrer que c’est parfaitement contestable par cette notion qu’est le Multiplicateur Keynésien.

L’État décide de réaliser une commande de, par exemple, 2000 voitures pour équiper ses fonctionnaires de police correctement, il sélectionne une entreprise française : PSA par exemple. PSA pour réaliser cette commande en plus de sa production courante va bien devoir d’une part recruter ou faire appel des intérimaires. L’intérimaire ou le nouveau salarié consomment, payent leurs impôts et taxes, ce qui engendre une consommation supplémentaire et donc une retombé fiscale positive pour l’état. De même que PSA avec les gains engendrés par cette commande va devoir payer des impôts des impôts supplémentaires.

Le multiplicateur ne s’arrête pas là. PSA pour produire fait appel à un certain nombre de sous-traitants par exemple pour la fabrication des pièces du moteur, des roues, des pneus, etc. Ces entreprises vont se retrouver à leur tour à devoir recruter. Les employés vont aussi consommer et payer leurs taxes et impôts. De même pour la production de ces véhicules, PSA et ses sous-traitants doit commander les matières premières, et rebelote, on se retrouve avec de nouvelles sociétés devant la même situation que celle-décrite au-dessus.

Quand on vous parle de plan de relance et qu’on vous explique qu’on va accorder des crédits d’impôts supplémentaires aux entreprises dans le but de relancer l’économie, dites-vous qu’on se repose uniquement sur la bienveillance des entreprises. La preuve de l’efficacité de la bienveillance ? 100 MILLIARDS d’euros de CICE (Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi) c’est 100 MILLIARDS de recettes fiscales en moins pour… la création de 100 000 emplois. 900 000€ pour un emploi. Vous imaginez ?

Pour illustrer encore plus 100 milliards sur 4 ans, ça fait 25 milliards par an… Pour vous donner un ordre d’idée le déficit public français en 2016 s’élevait à 76 milliards… Un cadeau fiscal inefficace représentant un tiers de ce fameux déficit ! Alors maintenant vous le savez, même si « déficit = dépense publique – entrée fiscale », il ne s’agit pas d’une simple équation comptable. Tous les plans de relance ne se valent pas. Le multiplicateur Keynésien vise justement à montrer qu’il ne s’agit pas de deux « prétendues » facettes d’une même pièce.

Maintenant libre à vous d’imaginer qu’elles auraient été les conséquences en terme d’emploi et de retombé fiscale si ces 100 milliards d’euros avaient été mis sur un plan de relance par la demande.

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