Tout d’abord : un peu d’étymologie

L’anarchisme vient de l’anarchie, qui est tiré du grec, et signifie « Absence de Principe » étymologiquement, que l’on peut traduire plus efficacement par « Absence de principe directeur ».

Beaucoup de détracteurs de l’anarchisme comme théorie politique considère de cette étymologie qu’il signifie un monde sans ordre, un monde de chaos certain.

Sauf que cela est le principe de l’anomie, pas de l’anarchie

L’anarchisme prône étymologiquement une absence de principe, qu’il faut allonger pour qualifier cela de principe directeur, si vous préférez d’une hiérarchie bienfaitrice. Le premier refus de l’anarchisme et celui d’une société hiérarchisée.

Pierre Joseph Proudhon et ses enfants par Courbet, Gustave (1819-77); 147×198 cm; Musée de la Ville de Paris, Musée du Petit-Palais, France.

Historiquement, le terme d’anarchisme naît sous Proudhon, qui est le tout premier à se définir comme un « anarchiste » en 1840, dans son devenu célèbre « Qu’est-ce que la propriété ? ».

C’est dans ce livre qu’on trouve sa citation la plus célèbre : « La propriété, c’est le vol ! ». Citation sur laquelle il reviendra plus tard dans sa vie mais ce n’est pas tellement notre sujet.

Toujours est-il que le terme naît à ce moment-là et qu’il va prendre de l’ampleur, jusqu’à ce que les grands penseurs de l’anarchisme livrent leurs essais. On en citera trois qui seront véritablement majeurs dans la définition théorique de l’anarchisme.

Il y a d’abord Proudhon qui est le premier à employer le terme.

Ensuite il y a Mikhail Bakounine, qui théorise le socialisme libertaire et définit le rôle de l’Etat.

Et enfin on ajoutera Piotr (ou Pierre) Kropotkine, qui théorise le communisme libertaire.

Mikhaïl Bakounine.
Piotr Kropotkine.

Ces trois penseurs et théoriciens resteront et restent encore aujourd’hui les grands théoriciens de l’anarchisme, sur lesquels s’appuient encore la plupart des courants de l’anarchisme.

Il est difficile de définir l’anarchisme politiquement car il existe une multiplicité des courants de l’anarchisme. Et des courants défendant diverses positions sociétales et politiques.

Rien que nos trois auteurs défendent des anarchismes différends, il existe aussi l’anarcho-syndicalisme, l’anarcho-capitalisme, l’anarchisme insurrectionnel, l’anarchisme individualiste.

Parler de tous ces courants seraient merveilleux mais étant donné qu’il s’agit d’un thread et pas d’une thèse, je vais seulement en décrire 4 qui me paraissent intéressants pour montrer la diversité de pensée anarchiste.

Le communisme libertaire

Le communisme libertaire se définit selon l’adage « De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins ». Le but est l’autogestion de tout les moyens de production par les travailleurs, rassemblés dans des collectivités à démocratie directes (tirage au sort).

Cette organisation refuse le collectivisme prôné par Bakounine, car il induit une quantification du travail qui devrait être fixé par des gens, et il est hors de question d’attribuer une valeur au travail.

L’anarchisme Insurrectionnel lui se définit sur la façon d’obtenir une société anarchiste, qui ne peut passer que par l’insurrection violente, et selon aucune autre façon d’agir.

Les travaux d’Alfredo Bonanno donne une assez bonne mesure de ce courant, de sa façon d’agir et de penser.

L’anarchisme individualiste, lui, prône la liberté individuelle au-dessus de tout, donc souhaite abolir l’État et même toute institution collective susceptible d’imposer une contrainte à l’individu.

La libre association est considérée comme le seul moyen véritablement légitime d’organisation collective, car par définition les individus en sont entièrement libres. C’est un courant notamment porté par Max Stirner.

L’anarcho-capitalisme, enfin, considère également l’Etat comme inutile, mais car il est un frein au libéralisme, on peut le considérer comme un « anarchisme de droite » au niveau économique…

On peut citer Gustave de Molinari comme grande figure, considéré comme le père de cet anarcho-capitalisme.

Donc on a fait un tour des courants, et la seule « véritable idée » sur laquelle ils se rejoignent tous, c’est le bannissement de l’État en tant qu’entité supérieure. Brisant la liberté humaine.

Donc si vous vous intéressez à l’anarchisme, et que vous voulez pousser votre réflexion sur le sujet, je vais vous recommander quelques livres de théoriciens sur le sujet et des livres d’histoire sur différentes applications de l’anarchisme à travers l’histoire.

Bibliographie

En premier lieu, je recommande Proudhon, Qu’est-ce que la propriété ? Car il l’a dit first ! Plus sérieusement c’est le livre qui définit l’anarchisme pour la première fois : en d’autres termes le GOAT.

Ensuite vient Bakounine, dont il faut lire Dieu et l’Etat, et Étatisme et Anarchie, ce sont clairement ces plus grandes œuvres. Kropotkine évidemment, avec À la conquête du Pain et La Morale Anarchiste.

On peut ajouter à ce trio fondateur Errico Malatesta, et son oeuvre complète intitulé simplement Anarchie. Trouvable pour moins de 10 euros.

Alfredo Bonanno, qui définit l’anarchisme insurrectionnel avec des livres comme La joie armée ou Anarchisme et Insurrection.

Pour les féministes, et le féminisme anarchiste, je recommande Nelly Roussel, même si ces œuvres sont difficilement trouvables, on peut trouver ces discours sur Internet.

Max Stirner et l’Unique et Sa Propriété, une oeuvre très intéressante, que je ne peux que doublement recommander, a défaut de triplement.

Simone Weil, La Condition Ouvrière, que je n’ai pas fini de lire mais pour laquelle j’éprouve une profonde admiration.

Simone Weil à Barcelone durant la guerre d’Espagne.

Pour l’histoire des expériences, je citerai deux auteurs.

La Révolution Inconnue de Voline, sur l’essai d’autogestion ukrainienne de 19 à 21 avant la trahison de Trotsky et Lénine.

Et l’Espagne Libertaire de 36, de Gaston Leval, qui décrit les collectivités miliciennes de la révolution espagnole, du côté socialiste.

L’anarchisme à été expérimenté plusieurs fois, sous plusieurs formes différentes. Tout d’abord, beaucoup des « peuplades primitives » du monde comme les Inuits ou les Papous sont considérés comme des sociétés anarchistes, un constat que l’anthropologue Pierre Clastres analyse dans La Société Contre l’État. Il montre qu’une société n’est plus primitive au moment où elle se dote d’un pouvoir coercitif.

Il existe plusieurs mises en place de communautés anarchistes au cours de l’histoire, dont la quasi-totalité se sont terminées dans la répression gouvernementale. On peut citer la Commune Libertaire de Basse-Californie au Mexique de 1911. La Makhnovchina de Nestor Makhno en Ukraine durant près de 3 ans, de 1919 à 1921. Ou encore, la plus célèbre, la révolution sociale de la CNT en Espagne de 1936 à 1938. Il y a aussi eu une tentative en Asie, dans le contexte de la colonisation de la Corée par le Japon, il s’est formé la Région Autonome du Shinmin (ou Shinminbu).

Voici ici quelques liens d’articles qui présentent des résumés historiques de ces évènements.

https://nidieunicesarnitribunfrancais.wordpress.com/2018/06/25/la-region-autonome-du-sinminbu-1929-1931/

https://nidieunicesarnitribunfrancais.wordpress.com/2018/06/29/la-commune-de-basse-californie-1911/

http://www.socialisme-libertaire.fr/2015/08/nestor-makhno-et-l-armee-insurrectionelle-d-ukraine.html

Je pense que ce thread touche à sa fin, j’espère qu’il vous plaira et qu’il vous donnera l’intérêt de vous intéresser plus à ce courant. N’hésitez pas à débattre et à me poser toute sorte de question sur l’anarchisme, sur ce que je défends et sur tout ce que vous voudrez !

À propos de l’auteur

Saint Empereur Romain Germanique de tout les Charles. D4. et anarchiste convaincu
Youtubeur PROFESSIONNEL

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