Twitter recèle de loufoqueries en tout genre, récemment je me suis frotté aux débiles biberonnées à la k-pop, cette fois on va parler des witch.e.s (c’est pas moi, c’est elles qui emploient l’écriture inclusive). Elles ne sont pas beaucoup plus malines, je dirai même qu’elles sont pires parce que là où jeter un sort de fancam ne demande rien, les Hermione Granger de Twitter sont prêtes à acheter du matériel pour assouvir leurs caprices. Les plus influentes font même des jeux-concours comme n’importe quel « influenceur » à la mords-moi-le-nœud, si c’est pas déjà un indice de leur niveau d’aliénation à la société capitaliste.

Je ne sais pas si elles s’en rendent compte mais elles sont contradictoires, d’une part elles se veulent progressistes, notamment avec l’usage de l’écriture inclusive ou l’usage du fameux #BlackLivesMatter, mais en même temps elles sont réactionnaires avec l’usage de pratiques pseudo-païennes. Oui, lorsqu’on veut retourner à un état antérieur de la société dans laquelle on évolue, on est réactionnaire. Donc ces gamines sont en pleine aporie.

On les voit souvent chouiner que « ça existait avant le christianisme », sauf que :
1/ C’est un sophisme à la con, soit un mélange d’appel à la nature et d’appel à la tradition, argumentum ad antiquitatem pour les witch.e.s latinistes. Je déconne il n’y en a pas.
2/ Bande de boloss qu’elles sont, elles ne voient même pas que la fameuse tradition dont elles se réclament a été rompue depuis des siècles, elles ne sont les héritières de rien, c’est juste un délire de gamines incapables de séparer leurs jeux d’enfants de la réalité.

Elles ne sont pas contentes quand on leur fait remarquer que ce sont des petites bourgeoises en manque de sensations, elles ne voient pas le rapport :

Moi je le vois bien le rapport, c’est typiquement dans le délire libéral-libertaire du new-age qui a fleuri vers les années 60, d’abord aux Etats-Unis (comme par hasard), puis un peu partout dans les pays occidentaux soumis au régime capitaliste. Si Michel Clouscard était encore en vie, il aurait sans doute écrit quelques bricoles sur les witch.e.s, de la même manière qu’il écrivait sur les Hippies. Je vous invite à lire Le capitalisme de la séduction dans lequel il en traite à la fin de l’ouvrage. Il parle aussi des hippies dans Néofascisme et idéologie du désir.

Mais cette pharmacologie des sorcières est matériellement inopérante. C’est l’objet sans fonction, le bibelot par excellence dans lequel la witch a transféré ses fantasmes. Karl Marx parlait de fétichisme de la marchandise soit la réification des rapports sociaux : « Les relations sociales deviennent ainsi confondues avec la marchandise, qui semble alors empreinte des pouvoirs humains, et qui devient le fétiche de ces pouvoirs. » Parce qu’en effet, ces gamines font des appels à la nature et à la tradition mais comme on l’a vu, ne manquent pas d’user d’objets qui sont des marchandises, avec une valeur d’échange, un prix, donc une fabrication, en vertu des modes de productions capitalistes.

Finalement je crois qu’elles sont pires encore que les fans de k-pop… Si quelqu’un est motivé pour faire l’AKTION ANTI-WITCH.E.S, je lui en serai gré.

À propos de l’auteur

Amateur d'art, d'esthétique et de culture, pourfendeur de fans de k-pop.

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